DE LA VILLE DE PARIS.
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des inc m livres à luy accordez l'année passée, mon­tant L m livres ou environ'1'.
En laquelle Assemblée se sont trouvez Mess™ le Prevost des Marchans, les Eschevins, monsr Perrot,
Croquet, Le Sueur, Sanguyn, Larcher. Tous lesquelz ont conclud qu'on devoit encores superceder et at-tandre qu'on oye d'autres nouvelles, ce fait, aller faire les trés humbles remonstrances au Roy.
VI. — Lettres de mons' de Guise pour recevoir le duc de Saxe et luy bailler logis.
26 octobre 1558. (Fol. 7 v°.)
Le xxvie jour d'Octobre mil vc lviii , ont esté ap­portées lettres du duc de Guise'2' au Bureau de la Ville, dont la teneur ensuit:
28 octobre.
"Monsr le Prevost, j'envoye le hérault Bretaigne pour acompaigner le duc Guillaume de Saxe'3', au­quel il me semble que, arrivant en vostre Ville, vous ferez bien de faire bailler logis, et le visiter avec voz presens acoustumez, vous priant au demeurant
croire led. Bretaigne de ce qu'il vous dira de ma part, comme feriez moy mesmes, priant Dieu vous donner, mons' le Prevost, ce que plus desirez. "D'Amyens, ce xxvmc jour d'Octobre mit v°
LVIII.»
Vostre bien bon amy, le duc de Guise.
Et au dessus est escript : A messles Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris.
VII. — Lettre de la Ville à monseigneur le duc de Guise.
29 octobre i558. (B'ol. 7 v°.)
Le xxixc jour d'Octobre, lesd, s" les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris furent au logis de La Rochepot faire presens aud. duc de Saxe en la maniere acoustumée, et en rendirent responce aud. duc de Guise, dont la teneur ensuit :
31 octobre.
k Monseigneur, nous avons, suyvant vostre mande­ment, salué le duc Jehan Guillaume en Saxe, et luy avons faict tappisser une chambre et une salle, et faict presents de vin, ypocras et dragée, selon que nous avons de coustume, et avons pour licencier les estrangers mys es mains du tresorier de l'Espargne, pour le tresorier de l'extraordinaire des guerres, la
somme de'4'.....sur la somme de cent mil livres
que. le Roy a commandé estre levée en ceste Ville, qui est tout ce que nous avons peu encores fournir. Monseigneur le Cardinal de Sens nous a prevenuz, et en a tiré des plus grans et des plus aisez, des­quelz nous espérions estre secouruz, et est l'or à si hault pris que le peuple qui ne veult riens perdre, ne nous veult bailler que au pris qu'il a cours'5'.
"Nous avons voullu prandre argent à interest des banquiers estrangers qui enlèvent tous les deniers de ceste Ville, mais nous n'avons peu trouver ung seul qui nous aict voullu ayder. Cela nous a gardez de parfournir toute la somme,pour le recouvrement de laquelle nous ferons toute dilligence, et telle que
(1' Le 16 mars précédent, le Conseil de Ville avait décidé que remontrances seraient adressées au Roi au sujet de l'impossibilité de lever les cent mille livres demandées pour.la solde des 5o,ooo hommes de pied. (Voy. à cette date le tome IV des Délibérations du Bureau de la Ville.)
(2)   Le Registre porte : du Roy.
(3)   Jean Guillaume, deuxième 61s de l'électeur de Saxe, Jean-Frédéric I",marié à Suzanne, fille de Frédéric 111, électeur palatin, décéda en 1573.
O Le chiffre est resté en blanc
(5) A la suite dela fonte de six mille écus d'or nécessitée par la fabrication d'un certain nombre de bufifels que le Roi voulait offrir en présent aux négociateurs anglais et allemands du traité de Càteau-Cambrésis, les gens de la Cour des Monnaies adressèrent en avril 1559 ^ Henri II des remontrances, où se trouvent exposées les causes du renchérissement de l'or : "Les écus ausoleil, disaient-ils , sont aujourd'huy si rares en vostre royaulme, pour le transport qui en a esté faict et pour n'en avoir esté forgé depuys dix ans en voz monnoyes, que au moyen de la rareté et pénurie d'iceulx le peuple les a haulsés jusques à 5o solz et 52 solz, el est à craindre, s'il en est beaucoup fondu, que la rareté ne donne cause de les haulser davantaige pour l'advenir, laquelle chose peult admener une plus grande consequance et dommaige à tout le publicq, d'autant que vostre escu sert de pied pour l'avalluation de toutes autres especes d'or, par conséquant le peuple donne cours très excessif à toutes autres especes estrangieres, lesquelles pourront haulser encore cy après, tousjours à l'equipollent desd, escuz!:. (Archives nationales, Cour des Monnaies, Ordonnances, Zlb 65, fol. i32.)